Nation, identité, race

L’une des conséquences les plus prévisibles de la récente « affaire » de la Jeanne d’Arc d’Orléans (affaire sur laquelle nous avons déjà livré notre opinion [1]) est de creuser, un peu plus, le fossé qui sépare les multiculturalistes, pour qui l’histoire de France doit être réécrite, pour faire une plus large place aux cultures d’origine étrangère, des patriotes, fermement opposés, eux, à tout ce qui pourrait porter atteinte à l’intégrité de notre mémoire commune.

Malheureusement, et puisqu’il faut appeler les choses par leur nom, la trahison de certaines personnalités conservatrices qui, contre toute attente, ont soutenu le point de vue des multiculturalistes, va également avoir pour effet de détourner de nombreux patriotes de la droite. Et cela n’a rien d’étonnant : en rejetant tous ceux qui ont osé aller à l’encontre de la vulgate dominante n les taxant de « racisme », les catholiques traditionalistes, mais aussi les gaullistes, les conservateurs et les libéraux ont ouvertement renié leurs sympathisants, qui vont logiquement se tourner vers les seuls représentants de la droite à n’avoir pas renié leur engagement : les identitaires. Prouvant qu’ils sont réellement opposés au Grand Remplacement, ceux-ci ont catégoriquement refusé de cautionner cette nouvelle tentative de réécrire notre histoire. Mais cela veut-il dire pour autant que ceux qui refusent d’assister au lent pourrissement de leur pays doivent adopter leurs vues sont des identitaires sans le savoir, et non des sympathisants de droite, comme ils le pensaient jusque-là ? Pas forcément, et ce parce qu’en prétendant que la couleur de peau n’a aucune importance, c’est la droite qui se trompe, en perdant de vue ce qu’est une nation.

 Parce qu’il y a bien un aspect identitaire dans la notion de « nation »

Les identitaires soutiennent que la droite ne peut pas défendre efficacement la patrie dans la mesure où sa propre conception de la nation, égalitaire et universaliste, la pousserait à admettre en son sein tous les étrangers, sans exception d’aucune sorte, pour peu qu’ils témoignent le désir de s’intégrer à la société française.

C’est une erreur. Certes, cette approche égalitaire et universaliste existe, en effet ; mais elle est récente, et n’a rien à voir avec l’approche de la nation admise en France, depuis la Révolution.

Ce bref rappel permettra de le mieux comprendre…

À l’origine, était la communauté de sang

La famille est en effet la cellule de base de toute société humaine ; les premières sociétés humaines n’ont guère été que des familles élargies, autrement dit des rassemblements d’hommes présentant entre eux des rapports de parenté. Ce fait, incontestable, se retrouve dans notre langue. Ainsi, ces trois mots : peuple, patrie et nation, présent-ils la même origine. Peuple est la traduction du latin « populus » ; patrie dérive de « pater », le père ; quant à la nation, elle vient de « natio », la naissance. Il s’ensuit qu’à l’origine, on utilisait indifféremment les termes de peuple, de patrie et de nation pour désigner les sociétés humaines, fondées sur une même communauté de sang. Si l’on usait de tel terme, au lieu de tel autre, ce n’était que pour des raisons de pure convenance [2].

Tout changea à la Révolution, quand le terme de nation entra dans le langage spécial du droit constitutionnel…

La « nation » : un concept nouveau, qui confère de nouveaux droits au peuple, sans pour autant nier qu’un peuple est avant tout une communauté de sang

On sait, en effet, que la Révolution marqua le passage d’une conception traditionnelle du pouvoir, fondée sur le droit divin des rois, à une conception du pouvoir purement démocratique, fondée sur le droit des peuples de choisir leurs propres dirigeants.

Dans cette perspective, si les termes de peuple ou patrie ont continué à désigner tout groupe ethnique résidant de longue date sur un territoire donné, le terme de nation a commencé à être utilisé pour identifier la communauté ethnique qui, après avoir pris conscience de son identité particulière, décide d’assurer désormais seule sa destinée, en se dotant d’un État spécialement chargé de la défense des intérêts : l’État-Nation.

Cette théorie, connue des juristes français sous le nom de principe des nationalités [3], a été reprise dans de nombreux pays au cours du XIXe siècle, en particulier en Italie, où les juristes ont, à leur tour, défini la nation comme « une société naturelle d’hommes que l’unité de territoire, d’origine, de mœurs et de langage mène à la communauté de vie et de conscience sociale » [4]. La communauté de sang, l’unité linguistique et une culture, propre et autonome, sont donc les trois critères permettant d’identifier une nation, et partant, de fonder un État [5].

La véritable opposition entre les conceptions française et allemande de la nation : pourquoi les racialistes se trompent de combat

Au mépris de textes pourtant clairs, certains auteurs prétendent que cette interprétation est fausse, dans la mesure où la conception française (et italienne) s’opposerait à la conception allemande, fondée, elle, sur l’idée de race. C’est là une nouvelle source de confusion. Il est vrai que « La théorie des nationalités n’admet pas un prétendu droit de race (…). L’idée de race, selon elle, est une idée barbare, exclusive, rétrograde, n’ayant rien de commun avec l’idée large, sacrée, civilisatrice de patrie » [6].

Mais il ne faut pas faire dire aux textes ce qu’ils ne disent pas. Ce que les partisans de la théorie des nationalités refusent, ce n’est pas la communauté de sang : c’est le principe que les Allemands ont prétendu en tirer – principe « en vertu duquel tous les peuples issus d’une commune origine, parlant une même langue, doivent, bon gré mal gré, sans qu’on ait à les consulter, être réunis dans un même État » [7]. Pour le dire autrement : la conception allemande de la nation n’a pas, pour particularité, d’insister sur l’élément génétique, puisque cet élément se retrouve déjà dans la conception française (et italienne). La véritable spécificité de la conception allemande de la nation, c’est qu’elle repose sur un pur déterminisme, puisqu’elle ne tient pas compte de la volonté des membres composant la population : dès que des hommes présentent entre eux les mêmes caractéristiques génétiques, qu’ils partagent la même culture et qu’ils parlent la même langue, ils sont automatiquement considérés comme appartenant au même peuple. C’est ce qui explique l’opposition entre Allemands et Français sur la question de l’Alsace-Lorraine en 1871 : pour les Français, cette région était française, en dépit de l’annexion allemande, parce que les Alsaciens-Lorrains avaient très nettement témoigné de leur volonté de rester attachés à leur patrie, la France [8] ; pour les Allemands au contraire, ce témoignage n’avait aucune valeur : les Alsaciens-Lorrains, dont le dialecte s’apparentait à l’allemand, ne pouvaient être qu’allemands ; leur avis n’avait pas à entrer en ligne de compte dans l’affaire [9]. C’est pour cette raison que Renan a défini la nation : « un plébiscite de tous les jours » [10] ; parce que l’assignation d’une communauté humaine à une nation doit être voulue, et non imposée.

L’approche française n’est donc pas universaliste ; au contraire, elle accorde une réelle importance à l’homogénéité ethnique des membres de la nation

Ceux qui se refusent à le comprendre s’accrochent au terme de race, oubliant qu’à l’époque, le terme n’était pas employé pour diviser l’espèce humaine selon la couleur de peau, mais servait à distinguer des tribus. Si donc l’on considérerait, aujourd’hui, que les anciens Germains constituaient une race à part entière, les historiens du XIXe siècle y voyaient, tout au contraire, un peuple métissé dans la mesure où la Germanie rassemblait en son sein plusieurs dizaines de tribus différentes [11]. C’est d’ailleurs pour cette raison que la notion de race a été rejetée par les juristes, qui trouvaient la notion trop floue pour être utilement retenue en droit. « Le mot peut avoir un sens quand il sert à qualifier les populations blanches, noires, jaunes et rouges, reconnaissait volontiers Louis Legrand ; mais il n’a plus de signification précise, si l’on veut en faire une démarcation entre les blancs » [12].

Notons que le même auteur était favorable à un contrôle strict de l’immigration, aux fins de ne pas altérer la cohésion de la population française. « Il n’y a pas seulement ici un point d’honneur et une question de fierté, il reste à voir si la nation y trouve toujours son compte. Il y a avantage pour elle, quand elle s’attache avec discernement des étrangers d’une valeur appréciable ou tout au moins d’une moralité certaine. Elle ne peut qu’éprouver au contraire du préjudice à ouvrir ses portes toutes grandes à tous les vagabonds qui s’installent sur ses frontières et à introduire dans la place des membres indignes ou indifférents, qui se font adopter par elle, mais qui, eux, ne l’adoptent pas toujours sans réserve » [13].

Ce genre de réflexion prouve également que la France n’a pas développé, à l’origine, une conception universaliste de la nation, du genre « vivre-ensemble » [14]. En effet : l’objectif poursuivi par les révolutionnaires, lorsqu’ils proclamèrent le principe des nationalités, était de permettre à tout peuple de prendre en main sa destinée, en lui reconnaissant le droit de se doter de ses propres institutions politiques, dans le pays où il est historiquement ancré – pas d’ouvrir les frontières de notre pays à tous les peuples de la Terre, sans qu’il soit permis aux Français de contrôler les flux migratoires, ou l’attribution de sa nationalité à des personnes d’origine étrangère !

Et si on parlait un peu des lois qui réglementaient la nationalité ?

Selon certains, la Révolution aurait substitué le droit du sol (« est Français, qui est né en France ») au droit du sang (« est Français, qui est né de parents français »).

Rien n’est plus faux ; ce serait même plutôt le contraire !

Sous l’Ancien Régime en effet, tous ceux qui naissaient en France étaient Français, conformément à la vieille logique féodale, qui s’intéresse moins à la personne qu’au territoire. La Révolution, elle, a opté pour un système mixte. Comme le rappelle l’article 2 de la Constitution du 3 septembre 1791, « sont citoyens français :

Ceux qui sont nés en France d’un père Français ;

Ceux qui, nés en France d’un père étranger, ont fixé leur résidence dans le royaume ;

Ceux qui, nés en pays étranger d’un père Français, sont venus s’établir en France et ont prêté le serment civique ;

Enfin ceux qui, nés en pays étranger, et descendant, à quelque degré que ce soit, d’un Français ou d’une Française expatriée pour cause de religion, viennent demeurer en France et prêtent le serment civique. »

On l’aura compris : à l’exception des deux derniers alinéas, régissant la situation des aristocrates émigrés et des protestants, contraints à l’exil pour leur religion, la Constitution reconnaissait le droit du sang (qui régissait la quasi majorité des Français) et le droit du sol ; mais il était alors rare que des étrangers naissent en France ; ce qui était plus fréquent, c’était l’arrivée de migrants majeurs – et cette immigration était sévèrement contrôlée ! Quant aux naturalisations, que la Révolution n’a certes pas inventées (chaque pays connaissant bien évidemment la possibilité d’accueillir en son sein les étrangers suffisamment motivés pour intégrer sa communauté), elles ne pouvaient être admises que si elles respectaient quelques critères particulièrement stricts. Aux termes de l’article 3 de la Constitution du 3 septembre 1791, l’étranger « né en dehors du royaume de parents étrangers » ne pouvait en effet acquérir la citoyenneté française qu’après « cinq ans de domicile continu dans le royaume », et seulement s’il y avait « acquis des immeubles ou épousé une Française, ou formé un établissement d’agriculture ou de commerce », et toujours, sous réserve de prêter « le serment civique. » Donc, aucune automaticité dans l’attribution de la citoyenneté : conformément à la conception française de la nation, l’étranger qui veut devenir Français doit en faire la demande, et prouver qu’il était digne d’intégrer une communauté qui n’est pas la sienne. Tel était le système, qui régit la France du XIXe siècle !

Puis, la loi du 26 juin 1889 a profondément modifié ce système, sans pour autant brader la nationalité. En vertu du nouvel article 8 du Code civil, étaient considérés comme Français : « Tout individu né d’un Français, en France ou à l’étranger ;

Tout individu né en France de parents inconnus ou dont la nationalité est inconnue ;

Tout individu né en France d’un étranger, qui lui-même y est né. » Pour le dire autrement : la loi du 26 juin 1889 a abandonné l’allégeance, pour lui substituer un autre concept : l’assimilation, puisque la nationalité était accordée, mais… à la troisième génération d’étrangers établis dans le pays !

Ce choix n’était pas anodin : il était scientifique. « Le rythme et les étapes de l’assimilation des immigrants dans le pays qui les accueille obéissent à des lois bien observées, éprouvées, et qu’on peut considérer en quelque sorte comme acquises, observait le politologue André Siegfried [15]. La première génération demeure généralement étrangère. Le nouveau venu, qui s’est établi dans un milieu auquel sa vie antérieure ne le préparait pas (…) n’en adopte pas les mœurs. (…) La deuxième génération apparaît de suite largement, sinon complètement, assimilée. Les enfants de l’immigrant, qu’ils soient nés dans le pays nouveau ou qu’ils y soient arrivés en bas âge, sont instruits, éduqués dans les écoles publiques. (…) Pourtant l’assimilation, qui paraît totale, ne l’est pas, car ces nouveaux citoyens, pourtant si convaincus et si adaptés, se souviennent de leur origine (…). C’est seulement à la troisième génération que l’assimilation peut être dite complète. Il ne reste plus alors aucune trace visible de l’origine lointaine (…). Il faut noter cependant que la fusion des éléments nouveaux dans le milieu d’accueil ne s’opère pas toujours avec la même facilité. Il y a des races qui s’assimilent vite, d’autres plus lentement, d’autres enfin, pas du tout (…). Nous oublions trop que notre pays est constitué, formé, presque achevé (dans le sens le plus beau de ce terme) depuis près de deux siècles (…). Nous éprouvons (…) quelque peine (…) pour nous accommoder de la présence d’éléments nouveaux, à l’âge de la série et de la masse. » Curieux universalisme, que ce droit républicain qui n’accordait la nationalité française qu’à des étrangers dont la famille résidait depuis si longtemps en France, qu’elle s’était pleinement assimilée à la société française !

En fait, c’est après l’hécatombe de la Première Guerre Mondiale que la France a commencé à réformer le droit des étrangers, avec la loi du 10 août 1927 qui a non seulement assoupli les conditions d’acquisition de la nationalité française, mais a encore abrogé le statut spécial des femmes (puisqu’en vertu de l’ancien article 18 du Code civil, la Française qui épousait un étranger perdait, de ce seul fait, la nationalité française).

Le succès de cette mesure (qui faisait tout de même l’objet de nombreux garde-fous, assurant à l’État la pleine et entière maîtrise de ses frontières) a servi de modèle aux théoriciens de gauche qui, dès les années quatre-vingt, au bicentenaire de la Révolution, ont prétendu – au mépris de la vérité historique – que le droit du sol était une « tradition », qui n’aurait été remise en cause qu’une seule fois, sous Vichy… ce qui a conduit à l’adoption de la déplorable loi nº 98-170 du 16 mars 1998 relative à la nationalité (loi Guigou). Depuis cette date, le législateur n’a cessé de faciliter l’octroi de la nationalité française aux proches d’étrangers, fraîchement naturalisés, comme on l’a encore vu récemment pour leurs ascendants âgés (loi n° 2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement de la population) ou leurs frères et sœurs (loi n° 2016-274 du 7 mars 2016 relative aux droits des étrangers en France). Le fait, pour l’administration, de ne plus reconduire à la frontière qu’une poignée d’immigrés en situation irrégulière (le nombre de clandestins ayant littéralement explosé, ces dernières années) participe de cette logique nouvelle.

On peut la soutenir ; mais alors, il faut avoir l’honnêteté de le dire, et ne pas prétendre rester fidèle à une tradition qu’on bafoue impunément – toute cette politique cosmopolite, individualiste et multiculturaliste étant précisément dirigée contre la nation française, dont on cherche à modifier l’essence même.

En guise de bilan : ceux qui se réclament de la conception française de la nation devraient aider les immigrés à développer leur patrie, plutôt que de changer la nôtre, en accueillant sans discernement des étrangers que le pays ne peut intégrer

En prétendant que « la France n’est pas une race, mais une idée » ou que « la nationalité doit maintenant être réduite à une simple affaire de valeurs, et non une question de sang », la droite ne fait que reprendre les slogans créés par la gauche en 1981. Ce faisant, elle prouve non seulement sa servilité idéologique, mais aussi et surtout, son peu de respect de la tradition de 1789 qu’elle prétend faire vivre. Quitte à se répéter, ce qui serait vraiment fidèle à la tradition de 1789, ce serait le soutien résolu de la France envers les peuples opprimés, afin de les aider à retrouver la maîtrise de leur pays, en accompagnant leur développement ; pas la destruction de la nation française, au nom des diktats du « vivre-ensemble » multiculturaliste !

 

NOTES :

[1] Voir mon précédent article, disponible ici.

[2] Au XVIe siècle, une querelle oppose Joachim du Bellay à Charles Fontaine : tandis que le premier évoque « l’affection naturelle envers la patrie » que doit éprouver tout Français (La Deffence et illustration de la langue françoyse), le second lui rétorque que le terme utilisé serait impropre, dans la mesure où il ferait double emploi. « Qui a pays n’a que faire de patrie » (Quintil-Horatian, sur la Deffence et illustration de la langue françoyse).

[3] Émile Ollivier, L’Empire libéral, Paris, Garnier Frères, 1895, t. 1, Le Principe des nationalités, p. 164 : « La théorie des nationalités (…) réside en un principe juridique absolument intellectuel dont toutes les conséquences n’ont pas été définies en même temps (…). Ce principe est que toute association d’hommes nommée peuple est une individualité indépendante, libre, souveraine, jouissant du droit imprescriptible de disposer d’elle-même, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur (…). » Le témoignage du ministre de Napoléon III a son importance dans la mesure où le principe des nationalités était au cœur de la diplomatie française, sous le Second Empire. Napoléon III lui-même déclara, dans son célèbre discours d’Ajaccio, que « La nationalité est une réunion de conditions d’origine, de race, de mœurs, de géographie, d’histoire, de langue, de religion, d’intérêt. Il faut que la nationalité soit dans la volonté de ceux qui la réclament. Il faut, pour qu’un peuple soit digne de former une nationalité, qu’il sache s’affirmer par des sacrifices (…). » Adde Pierre de Roquette-Buisson, Du Principe des nationalités. Étude de droit international public, Paris, Jousset, 1895.

[4] Pasquale Mancini, Della nazionalità come fondamento del Diritto delle genti, Turin, Eredi Botta, 1851, p. 41 : « Le cose dette fin qui mostrano ormai a discoperto in che consista una nazionalita, e quali ne siano gli elementi costitutivi, e ci porgono ragione di riconoscere in essa una società naturale di uomini da unità di territorio, di origine, di costumi e di lingua confermati a comunanza di vita e di coscienza sociale. »

[5] Terenzio Mamiani, D’un nuovo Diritto europeo. Dell’ottima congregazione umana e del principio di nazionalità, Turin, Gerolamo Marzorati, 1859, p. 398 : « Ma volendosi sceverare le appropriazioni essenziali dalle secondarie e stringere quelle in una descrizione chiara e concisa, diremo da ultimo che nazione vuol significare certo novero di genti per comunanza di sangue, conformità di genio, medesimezza di linguaggio atte e preordinate alla massima unione sociale. »

[6] Émile Ollivier, Le Principe des nationalités, op. cit., p. 168.

[7] Id., ibid., p. 168.

[8] Numa Fustel de Coulanges, L’Alsace est-elle allemande ou française ?, Paris, Dentu, 1870 ; Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation ? Conférence faite en Sorbonne le 11 mars 1882, repr. in Discours et conférences, Paris, Calmann-Lévy, 1887, pp. 277-310.

[9] Theodor Mommsen, Agli Italiani, Florence, Stabilimento Civelli, 1870 ; Heinrich v. Treitschke, Was fordern wir von Frankreich?, Berlin, Georg Reimer, 1870 ; Wolfgang Menzel, Elsass und Lothringen sind und bleiben unser, Stuttgart, Kröner, 1870.

[10] Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation ?, op. cit., p. 307.

[11] On connaît la phrase de Jacques Bainville, répétée à satiété par les historiens de gauche : « (…) la fusion des races a commencé dès les âges préhistoriques. Le peuple français est un composé. C’est mieux qu’une race. C’est une nation » (Histoire de France, Paris, Nouvelle Librairie nationale, 1924, p. 297). On oublie de préciser que, dans ce passage, il parle des Celtes, qui selon lui, formaient déjà un condensé de plusieurs populations différentes – alors qu’aujourd’hui, on parle des Celtes comme d’une seule et unique race.

[12] Louis Legrand, L’Idée de Patrie, Paris, Hachette, 1897, p. 44.

[13] Id., ibid., p. 316.

[14] Il n’existe pas, à l’heure actuelle, d’ouvrage objectif sur la question : ils sont tous l’œuvre d’auteurs engagés à gauche, interprétant assez librement les textes  (on pense, par exemple, aux manuels de Patrick Weil). De fait, il convient de se plonger dans les textes, pour parler en connaissance de cause. Faute de quoi, on peut se reporter utilement à des études anciennes, mais exhaustives, not. Charles Lambert, La France et les étrangers. Dépopulation, immigration, naturalisation, Paris, Delagrave, Paris, 1927 ; Jacques Maury, Nationalité. Théorie générale et droit français, Paris, Sirey, coll. « Répertoire de droit international », 1931.

[15] André Siegfried, « La France et les problèmes de l’immigration et de l’émigration », Cahiers du Musée social, 1946, n° 2-3, pp. 59-75.

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