Monsieur Thiers (II)

Par la faute du souverain, la monarchie était de plus en plus contestée.

Il faut dire que Charles X n’avait pas les vues généreuses de Louis XVIII : ouvertement réactionnaire, il prétendait revenir sur les libertés acquises en 1789 – libertés que, pourtant, l’actuelle constitution garantissait. Pour justifier ses prétentions, Charles X se fondait sur l’article 14 de la Charte du 4 juin 1814, qui disposait que « Le roi (…) fait les règlements et ordonnances nécessaires pour l’exécution des lois et la sûreté de l’État. » Charles X croyait que cette formule de style lui donnait le pouvoir de prendre, de son propre chef, et sans suivre la procédure législative ordinaire, des ordonnances entrant dans le champ de compétences de la loi (alors que l’article 22 de la Charte cantonnait expressément le rôle du roi à une tâche, subordonnée, de sanction et de promulgation des lois). Ne tenant pas compte des mises en garde de ses conseillers, Charles X adopta, le 25 juillet 1830, une série d’ordonnances tendant à suspendre la liberté de la presse, dissoudre la Chambre, et modifier le mode d’élection des députés. L’opposition libérale s’indigna de cette violation, flagrante, de la constitution ; elle se rendit chez celui qui lui semblait le mieux à même de mener la lutte : Thiers.

 

Le rôle de Thiers dans l’avènement de la Monarchie de Juillet : « Changer le souverain ; pas le régime »

Fort de son expérience de journaliste au Constitutionnel, Thiers s’était associé avec son ami François Mignet et un autre jeune publiciste de talent, Armand Carrel, pour fonder le National, feuille politique et littéraire dont le premier numéro parut le 3 janvier 1830.

Pendant plusieurs mois, Thiers attaqua la politique liberticide de Charles X, allant jusqu’à parler de la possibilité de mettre un terme à la tyrannie des Bourbons. Pourtant, Thiers n’était pas favorable à une révolution : loin de penser, comme les républicains (encore peu nombreux), qu’il était temps de revenir à la république, il se montrait indifférent à la forme du gouvernement ; pour lui, une monarchie pouvait très bien faire l’affaire, du moment qu’elle respecte les principes consacrés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et rappelés par la Charte du 4 juin 1814.

Aussi, Thiers proposa-t-il de changer, non de régime, mais de souverain.

Le 12 février 1830, il était même allé très loin dans cette réflexion, en proposant dans les colonnes du National la candidature au trône du duc d’Orléans. C’était alors le seul moyen d’éviter une guerre civile entre monarchistes et républicains ; quant aux conservateurs, ils devraient se rallier à cette solution, attendu qu’un changement de dynastie « n’est point une révolution. »

Se fondant sur le précédent anglais de 1688, Thiers rappelait « qu’il n’y eut à cette époque ni lutte, ni emprisonnements, ni condamnations, ni existences changées, ni lois refaites : tout s’opéra avec le plus grand calme, la plus extrême clémence, et les habitudes particulières ne furent pas plus dérangées que l’ordre public ne fut compromis. » Voilà pourquoi Thiers et ses amis pouvaient se déclarer tout à la fois « anti-dynastiques » et « anti-révolutionnaires. »

C’était courageux ; car à l’époque, les journalistes ne signaient pas leurs articles. Or quand Thiers rédigea la protestation des journalistes libéraux, certains demandèrent que cette publication restât anonyme ; Thiers s’y refusa avec force. « Il faut des têtes au bas de ce manifeste ! », qu’il s’empressa de signer, suivi de quarante-trois autres représentants de la presse parisienne.

La réaction du pouvoir ne se fit pas attendre : le 27 juillet 1830, la police opérait une nouvelle descente au National, pour confisquer les journaux déjà imprimés, tandis que des ordres avaient été donnés, pour jeter en prison les quarante-quatre signataires de la protestation, et l’imprimeur du National.

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(Victor Adam, Saisie des presses au National le 27 juillet 1830. Crédits : BNF)

Mais il était déjà trop tard : Paris était en pleine révolte !

Les royalistes, par leur bêtise, avaient poussé le peuple dans ses derniers retranchements ; il fallait rétablir le calme, avant que l’insurrection n’emporte le régime. Les conservateurs suivirent la solution préconisée par Thiers : Louis-Philippe d’Orléans devint donc « roi des Français » sous le nom de Louis-Philippe Ier. La Restauration honnie avait cédé la place à la Monarchie de Juillet, en laquelle les amis sincères de la liberté plaçaient tant d’espoirs.

 

Thiers au pouvoir

Nous reviendrons plusieurs fois sur la Monarchie de Juillet sur ce site.

Pour le moment, disons que ce régime devait apporter la paix à la France, en tant qu’il abandonnait la politique répressive de la Restauration, le nouveau souverain ne voulant tenir compte que du seul mérite de ceux qui l’entouraient. Peu importait qu’un homme ait été républicain ou bonapartiste dans sa jeunesse : tous les Français qui voulaient œuvrer au redressement de leur pays étaient les bienvenus. Ainsi s’expliquent les nombreuses mesures d’ouverture et de réconciliation nationale prises par le roi Louis-Philippe, le plus souvent à l’initiative de Thiers, comme ce fut notamment le cas avec le rapatriement de la dépouille mortelle de Napoléon et son inhumation aux Invalides.

Il faut dire que Thiers fut amené à jouer un rôle important. Entré au gouvernement en qualité de conseiller d’État attaché auprès du ministre des finances, ce fameux « baron Louis » auprès duquel nos modernes ministres des comptes publics feront toujours pâle figure, Thiers devint ministre de l’intérieur en 1832, avant d’accéder à la présidence du conseil, en 1836. Son action répondit à une seule idée-force : la stabilisation du régime.

C’est que, contrairement à l’image habituellement associée au règne de Louis-Philippe – celle d’une monarchie « bourgeoise », prospère et tranquille, où de gros bonhommes à favoris badinaient sur les quais de la Seine avec des lorettes – les années 1830 à 1850 furent parmi les plus agitées que la France a connu. Certes : aucune guerre ne fut à signaler pendant cette période ; mais les attentats et les tentatives d’assassinat étaient monnaie courante. Nombreux étaient ceux qui entendaient renverser Louis-Philippe, que ce soit pour proclamer une commune insurrectionnelle, inspirée de 1793, ou tout au contraire, pour rétablir un Bourbon sur le trône (la noblesse légitimiste ne voyant en Louis-Philippe qu’un vil usurpateur, contre lequel tous les moyens étaient bons). C’est ainsi qu’un an à peine après les évènements de juillet 1830, la capitale fut secouée par de violentes émeutes, tandis qu’en province, la noblesse légitimiste complotait, exhortant le peuple des campagnes à la révolte !

« Jusqu’en 1830, observait avec raison Charles de Rémusat, il a manqué à la cause de la Révolution française des hommes nés parmi les siens, liés à ses intérêts, pleins de ses pensées, mais qui, sachant lui résister sans l’opprimer ni la trahir, se soient montrés faits pour commander. Tel a été Casimir Perier » [1], à qui Louis-Philippe confia les rênes du pouvoir, le 13 mars 1831. En quelques mois, Casimir Perier parvint à restaurer l’autorité de l’État, sans jamais perdre de vue que la Monarchie de Juillet ne pouvait s’écarter du respect des libertés proclamées par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, d’où elle tirait toute sa légitimité. Hélas ! alors qu’il était parvenu à ramener le calme sur le pays, Casimir Perier mourut un an à peine après son arrivée au pouvoir, fauché par l’épidémie de choléra qui ravageait alors la France.

Thiers fut chargé de poursuivre la politique du défunt.

Ce rappel a son importance dans la mesure où bon nombre d’auteurs mettent en cause le libéralisme de Thiers, en se fondant sur certaines décisions en apparence autoritaires qu’il a pris durant son passage au pouvoir ; mais il serait aisé de démontrer qu’elles répondent toutes à d’évidents impératifs d’ordre public [2].

 

D’un régime à l’autre

Thiers quitta le gouvernement en octobre 1840, non parce qu’il avait perdu la confiance de la Chambre, mais en raison de la politique étrangère de son gouvernement [3]. Guizot, qui lui succéda, parvint à calmer la fièvre nationaliste qui agitait le pays ; mais il suscita à son tour des troubles, cette fois en matière de politique intérieure. Les libéraux pensaient que le droit de vote devait être étendu aux classes moyennes ; Guizot s’y opposa, entraînant une insurrection qui, par sa brusquerie même, prit de court le gouvernement, qui s’avéra incapable de sauver le régime [4].

En trois journées à peine, la France devint une République.

Cet événement amena un profond changement dans la composition du Parlement. Guizot disparut de la scène politique, suivi du gros du parti orléaniste ; Thiers, lui, fut maintenu à la députation par les électeurs, comme les autres libéraux de l’opposition, bien qu’il n’ait joué aucun rôle dans l’insurrection, qu’il désapprouvait formellement. « Je trouve naturel que vous applaudissiez aux journées de février, dit-il un jour aux républicains [5] ; mais moi, que vous savez placé dans une position toute autre, et qui voyait tomber un gouvernement qui était l’objet de mon affection, vous devez trouver naturel que je qualifie ces journées d’un autre nom (…), de funestes. »

Toujours est-il que Thiers, s’il ne se rallia pas à la République, ne chercha pas à en troubler le fonctionnement. Son action politique, à cette époque, resta constamment du strict domaine de la controverse et du débat d’idées.

C’est que la révolution de février 1848 n’avait pas seulement amené la République ; elle avait aussi permis aux socialistes d’entrer au Parlement…

 

Thiers, adversaire du socialisme

Ceux que la montée en puissance des socialistes inquiétait le plus étaient les libéraux « économiques » : les Frédéric Bastiat, les Léon Faucher, les Michel Chevalier… qui, tous, éprouvaient le plus profond mépris pour Thiers.

C’est que, si Thiers était libéral en politique, il professait, en économie, d’autres théories. Du moins, était-ce là ce que les champions du libéralisme économique pensaient ; car pour eux, pour être considéré comme un libéral, il ne fallait pas seulement défendre la propriété privée, et les autres institutions de l’économie de marché : il fallait encore être libre-échangiste. Or, Thiers désapprouvait le libre-échange, qui lui semblait menacer les intérêts supérieurs du pays. Pour lui, l’économie devait tenir compte de l’impératif national. S’il était bien évidemment favorable à ce que les Français jouissent, à l’intérieur des frontières nationales, de la liberté commerciale la plus complète, il était d’avis que la France se dote d’une législation protectionniste lui permettant de se protéger de la concurrence des industries étrangères, du moins, pendant une certaine période d’ajustement. « Employé comme représailles, le système restrictif est funeste ; comme faveur, il est abusif ; comme encouragement à une industrie exotique qui n’est pas importable, il est impuissant, et inutile. Employé pour protéger un produit qui a chance de réussir, il est bon, mais il est bon temporairement ; il doit finir quand l’éducation de l’industrie est finie, quand elle est adulte » [6]. Cette approche, conceptualisée par la suite par l’économiste allemand Friedrich List, sous le titre de « protectionnisme éducateur », était fermement combattue par les économistes libéraux, qui y voyaient une inconséquence théorique (le libre-échange étant, selon eux, toujours favorable à l’économie d’une nation).

Thiers n’appartenait donc pas à l’école de Paris ; et pourtant, tous les économistes libéraux se rangèrent derrière lui, lorsqu’il prit la tête de la croisade contre les idées socialistes.

Proudhon avait dit : « La propriété, c’est le vol ! » Thiers lui répondit par une démonstration en règle du caractère nécessaire de cette institution, née des besoins de l’homme, et connue de toutes les civilisations [7].

Mieux : quand Proudhon – élu à l’Assemblée – proposa de frapper les revenus du capital d’un impôt à redistribuer entre l’État et certaines catégories réputées « défavorisées » (débiteurs, locataires, fermiers…), Thiers parvint à faire rejeter cette mesure, dont il n’eut aucune peine à prouver qu’elle risquait de mettre en péril la timide reprise économique des années 1850 [8].

Ses autres incursions dans le domaine économique marquèrent de leur empreinte la France du XIXe siècle.

Ainsi, Thiers fut le premier à dénoncer les risques d’un accroissement artificiel de la masse monétaire, comme d’un développement de la fiscalité progressive, alors que les économistes libéraux de l’époque étaient généralement favorables à de telles mesures (dont ils n’imaginaient même pas qu’elles puissent devenir des armes, aux mains des socialistes). « Les doctrines démagogiques ne laissaient pas d’ébranler la conviction d’hommes tels que Henri Germain, fondateur du Crédit Lyonnais, et Paul Leroy-Beaulieu (…). Mais rien ne put vaincre la résistance de Thiers : il tint tête à tous les entraînements, et ce sera l’un de ses meilleurs titres de gloire devant la postérité. Il refusa d’élever les limites d’émission, et moqua copieusement cette prétention insensée d’infliger à la Banque des ressources malgré elle. Quant à l’impôt sur le revenu, Thiers mit toute son énergie oratoire à le combattre. » [9].

Comme Thiers l’a fort bien dit : « Le socialisme peut s’introduire [dans un pays] de deux manières : directement, par une victoire de l’Internationale, qui falsifie le prix de la main d’œuvre ; indirectement, par un impôt mal conçu, mal établi. »

Et, pour ceux qui ne l’auraient pas compris, il répéta : « L’impôt peut être un moyen d’introduire le socialisme en France ! On peut, par certains impôts, l’impôt sur le revenu par exemple, arriver au socialisme, c’est-à-dire prendre la fortune de ceux qui ont quelque chose, et la prendre injustement. » [10].

Et en effet : si, pour un homme de droite, l’impôt est, tout bonnement, un moyen de financer les missions de service public prises en charge par l’État, l’impôt est, pour l’homme de gauche, un mécanisme de justice sociale, permettant de prendre l’argent des classes « aisées », pour le redistribuer aux classes « populaires », que ce soit via des allocations sociales… ou via l’embauche de fonctionnaires, dont le rôle n’est pas justifié par une mission de service public.

On peut donc dire, en dépit des dénégations de certains idéologues, que Thiers fut un penseur éminent du libéralisme économique, dont la réflexion mérite d’être signalée à l’attention de ceux qui prétendent « penser » l’économie. (À suivre).

 

NOTES :

[1] Charles de Rémusat, Passé et présent, Paris, Didier, 1859, t. 2, p. 97.

[2] Il convient de garder à l’esprit que le libéralisme, et en particulier le libéralisme français, a érigé bon nombre de dogmes, qui ne se justifient en rien. Un bon exemple nous est fourni par la question de la presse : en France, on a longtemps considéré que la seule solution libérale consistait à faire juger par un jury les délits commis par cette voie ; tout transfert de compétence à un juge chargé d’appliquer la loi paraissait une mesure profondément attentatoire à la liberté individuelle, tant l’indépendance du pouvoir judiciaire était tenue en suspicion ! On peut en dire autant du régime de l’autorisation administrative préalable : si, en théorie, ce régime peut paraître moins libéral qu’un régime purement répressif (où aucune autorisation administrative n’est requise), il est des domaines où le consentement de l’administration est justifié par des considérations d’intérêt général, en particulier quand il y a occupation du domaine public. Or sous la Monarchie de Juillet, on considérait comme une mesure liberticide le seul fait de soumettre à autorisation l’activité de crieur sur la voie publique !

[3] Dans les affaires internationales, Thiers cherchait toujours l’assentiment de l’Angleterre ; et cela, non par anglophilie, ou ce qui revient au même, par manque de confiance dans son pays, mais bel et bien parce qu’en dépit de la restauration monarchique de 1815, la France avait perdu toutes ses relations diplomatiques. C’est que la présence d’un roi à Paris ne suffisait pas à calmer les craintes de monarques qui se souvenaient encore des troupes de Napoléon, campant sous leurs fenêtres ! La France, isolée, ne pouvait prendre le risque de s’aliéner des nations amies, en entreprenant de vaines entreprises militaires hors de ses frontières. Mais certains ne pensaient pas comme Thiers ; d’où certaines difficultés au Parlement…

[4] J’invite le lecteur intéressé par la chute de la Monarchie de Juillet à se reporter à mon livre : Jules Simon, le Libéral oublié (1814-1896), Éditions Libréchange, coll. « Intemporel », 2017, spéc. pp. 72-85, où l’approche, esquissée ici, est plus amplement développée.

[5] Discours du 23 février 1850, repr. in Discours parlementaires de M. Thiers, présentés par Marc Antoine Calmon, Paris, Calmann-Lévy, 1880, t. 8, pp. 662-692.

[6] Exposé des motifs du projet de loi du 3 février 1834, repr. in Archives parlementaires (1787-1860), Paris, Dupont, 1893, t. 86, p. 120.

Si, par la suite, Thiers s’est radicalisé dans sa critique du libre-échange, il convient d’observer que c’est moins le libre-échange, que son régime juridique, qu’il contestait. Il faut en effet rappeler que, contrairement à ce que prétendent les économistes libéraux, le libre-échange a besoin, pour triompher, d’un engagement formel de l’État qu’il ne portera pas atteinte à la liberté des échanges commerciaux, en usant de son droit de taxation, par exemple. Thiers rencontra de sérieuses difficultés lorsque, suite à la guerre de 1870, il ne put opérer un relèvement, même minime, des droits de douane, en raison des dispositions des traités de commerce conclus par la France dix ans avant. Sur cet effet pervers des traités de commerce, qu’il avait depuis longtemps prévu, voyez son discours prophétique du 13 mai 1868, repr. in Discours parlementaires de M. Thiers, op. cit., t. 11, pp. 539-652.

[7] Adolphe Thiers, De la propriété, Paris, Paulin, 1848.

[8] Discours du 26 juillet 1848, repr. in Discours parlementaires de M. Thiers, op. cit., t. 8, pp. 3-28. Les caricaturistes s’en donnèrent à cœur joie au sujet de cette discussion. À titre d’exemple, Auguste Lireux produisit un faux prospectus publicitaire, annonçant la « terrible rencontre » entre Thiers et Proudhon. « Thiers, enfant terrible, mais d’une dialectique serrée, massacrera (sans douleur), le redoutable Proudhon, rapporté du fond des forêts de l’Hircanie – le même qui ne se nourrit que de propriétaires vivants, qui mange les portiers et autres objets les plus durs, et qui sera démuselé pour cette seule représentation ! À la fin du combat, dans lequel le redoutable Proudhon aura montré toute sa férocité et ses talents, on ouvrira immédiatement une souscription destinée à acheter une propriété d’honneur, qu’on offrira à ce jeune sauvage du Nord, afin d’adoucir ses mœurs et de le naturaliser en France » (L’Assemblée nationale comique illustrée par Cham, Paris, Michel Lévy, 1850, p. 145).

[9] Edmond Gustave Frisch, comte de Fels, « Le Mal financier », Revue de Paris, 1933, t. 5, pp. 481-499, 721-741 (ici, p. 485).

[10] Discours du 24 août 1871, repr. in Discours parlementaires de M. Thiers, op. cit., t. 15, p. 631. Voir aussi et surtout les discours du 20 juin et du 26 décembre 1871, in ibid., t. 13, pp. 398-402, 582-630, où Thiers s’opposa à la proposition visant à introduire un impôt sur les revenus du travail et du capital dans l’arsenal fiscal français. C’est dans cette séance mémorable que Thiers plaida en faveur des impôts indirects, comme les droits de consommation ou les taxes spéciales, qu’il trouvait supérieurs à l’impôt direct. « L’impôt direct est le plus incommode de tous, parce qu’il va chercher le contribuable pour exiger à tel jour, à telle heure, une somme que celui-ci n’a pas eu la précaution de mettre de côté ; tandis que l’impôt indirect, confondu dans le prix de tout ce qui s’achète, se paie insensiblement à mesure des consommations. »

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