Le libéralisme est-il contraire au catholicisme ?

Cette question, particulièrement polémique, étant souvent débattue sur internet [1], il n’est peut-être pas inutile de s’y arrêter un instant…

Car, à lire ce qu’on écrit sur le sujet, il semble qu’il y ait aujourd’hui, sur les rapports du libéralisme et du catholicisme, deux approches bien tranchées :

Celle des catholiques non-libéraux (de gauche comme de droite [2]), pour qui le libéralisme est non seulement une idéologie contraire à la doctrine catholique, mais qui plus est, une idéologie depuis longtemps condamnée par l’Église, et que donc, aucun catholique ne peut sérieusement embrasser ;

Et celle des catholiques libéraux qui, négligeant avec une superbe indifférence les arguments de leurs adversaires, affirment qu’un catholique ne peut pas être autre chose qu’un libéral [3].

Face à deux propositions aussi tranchées, le néophyte est en droit de se demander qui a tort, et qui a raison. La vérité est que, comme c’est souvent le cas, nous sommes confrontés à un faux débat prouvant, une fois de plus, l’importance qu’il y a à s’accorder préalablement sur les termes du sujet.

 

De quel libéralisme parle-t-on ?

La question peut prêter à de longs débats. Quand ils écrivent, certains pensent au libéralisme politique ; d’autres, au libéralisme économique. Mais, de toute évidence, lorsqu’on parle de libéralisme, sans plus de précision, on ne peut que faire allusion à la doctrine de la liberté…

… ce qui conduit à cette nouvelle question :

 

Qu’est-ce que la liberté ?

On sait, en effet, qu’il existe deux définitions de la liberté.

Selon une première approche, la liberté se définit comme le fait, pour l’homme, d’agir comme bon lui semble, en suivant ses aspirations personnelles, ses passions ou son intérêt, l’homme, être parfait, trouvant en lui-même sa propre règle de conduite.

Cette conception naturaliste de la liberté, à l’origine de l’individualisme, est formellement réprouvée par l’Église catholique, qui a d’ailleurs renouvelée sa condamnation par le Syllabus [4].

Pour simplifier une question beaucoup plus complexe, par cet acte, l’Église catholique a entendu rappeler qu’elle combattait l’idée selon laquelle « la raison humaine, considérée sans aucun rapport à Dieu, est l’unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal. » C’est dire si l’Église catholique n’a pas combattu, en tant que tel, le rationalisme bien entendu (ce qui aurait conduit à nier Saint Thomas d’Aquin ou Bossuet !), mais bien plutôt, ce rationalisme dévoyé qui ne reconnaît aucune limite à la raison humaine. De là, son refus de la définition de la liberté que nous venons d’évoquer – définition de la liberté que l’Église catholique appelle : « libéralisme », et qui explique pourquoi le Syllabus s’achève par le refus du Pape de transiger avec les « libéraux » dont les thèses sont jugées comme quelque chose de fondamentalement contraire au catholicisme. Cela n’a, au fond, rien de très étonnant : car le « libéralisme » que l’Église catholique rejette, c’est un libéralisme d’inspiration théologique qui, traduit sur le plan philosophique, en vient à ériger l’homme en législateur. En effet : dans l’optique individualiste, la liberté individuelle interdit à quiconque de s’immiscer dans les choix que l’homme a déterminé en connaissance de cause – toute autre solution revenant à méconnaître la liberté, telle que les individualistes la conçoivent. Or, en admettant qu’il y ait autant de règles de conduite qu’il y a de volontés individuelles, les individualistes en viennent à l’indifférentisme, au relativisme et au scepticisme. « Rien n’est vrai, rien n’est faux en soi ; les propositions contradictoires sont au fond identiques ; ou du moins, si la vérité et l’erreur sont réellement distinctes, nous n’avons pour les discerner aucun critérium certain. Cela étant, pourquoi chercherions-nous à faire prévaloir notre opinion sur celle des autres ? Notre unique devoir, si devoir il y a, est celui d’une tolérance universelle. Telle est la doctrine dans toute sa nudité [5] », une doctrine qu’un catholique ne peut, en effet, professer.

Mais si le catholicisme condamne l’individualisme, réprouve-t-il le libéralisme ?

Non.

Selon une seconde approche, en effet, la liberté peut être définie comme le fait, pour l’homme, d’agir de manière conforme au droit, en suivant les prescriptions de la loi morale, l’homme, être imparfait, devant se méfier de ses aspirations personnelles, de ses passions ou de son intérêt, et ne les suivre qu’après avoir vérifié qu’ils ne heurtaient aucun principe moral supérieur.

Cette conception jusnaturaliste de la liberté, à l’origine du libéralisme classique, fondé en terme de droit naturel (et non du libéralisme utilitariste, qui aboutit, comme dans l’approche individualiste, à une conception relativiste de la société, mais par un cheminement intellectuel différent), est approuvée par l’Église catholique, en tant qu’elle prône la soumission de l’homme à la loi morale.

Suivant la doctrine traditionnelle, réaffirmée par la constitution pastorale Gaudium et Spes [6], l’homme parvient à la dignité d’être libre « lorsque, se délivrant de toute servitude des passions, par le choix libre du bien, il marche vers sa destinée », laquelle consiste, notamment, à se soumettre à la loi morale, « loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. » Or, qu’on le sache ou qu’on l’ignore, cette définition est exactement celle des libéraux qui reconnaissent, avec Jules Simon, que « la liberté n’est réelle dans l’homme que quand elle est gouvernée par la loi morale » [7].

La liberté des libéraux n’est en effet pas le droit de faire tout ce que l’on veut, sans qu’il y ait à tenir compte des conséquences de ses actes : c’est une liberté mesurée, l’homme devant veiller à respecter les droits d’autrui (la méconnaissance de cet impératif moral entraînant l’action des règles de la responsabilité civile). C’est bien ainsi que l’entendaient les hommes de 1789, pour qui « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » [8]. Adeptes de la théorie du droit naturel, les révolutionnaires pensaient que la liberté avait « pour règle, la justice », et que « sa limite morale est dans cette maxime : ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait » [9].

C’est en ce sens – et en ce sens seulement – qu’on a pu dire qu’« un bon chrétien est un libéral qui s’ignore » [10].

Aussi, et pour résumer, peut-on dire :

Que les catholiques qui justifient leur haine du libéralisme par des arguments religieux se trompent, en ce qu’ils refusent de voir qu’une société régie par un véritable libéralisme, fier de ses convictions morales, et reposant sur des lois veillant à empêcher aux hommes de nuire à leurs semblables, est une organisation sociale parfaitement conforme aux prescriptions de la doctrine catholique [11] ;

Mais qu’il est indispensable, pour le croyant, de vérifier, avant d’écouter les conseils d’un « libéral » autoproclamé, de s’assurer qu’il conçoit bien la liberté d’une manière jusnaturaliste, et non naturaliste [12].

 

NOTES

[1] Pour un exemple récent, on peut citer le débat suscité par la parution d’un article de Vivien Hoch intitulé « Les racines théologiques du libéralisme », avec notamment la réaction d’Éric Levavasseur, publiée sur le site de Patrice de Plunkett : « Le « libéralisme catholique », une imposture en théologie ».

[2] Ce que j’appelle les « cathos de gauche », ce sont ces catholiques qui votent socialiste depuis des générations, parce qu’ils pensent que les différents mouvements de droite incarnent le Mal absolu. Moins connue, est la tendance, très proche, des « cathos de droite. » Mais peut-être devrai-je parler de « cathos de droite qui conchient les tradis », car c’est bien de cela dont il s’agit : de catholiques, qui se refusent à voter socialiste par réflexe de classe (ils n’aimeraient pas voir leurs impôts augmenter…) mais qui, dans le même temps, ne veulent pas paraître trop à droite, par crainte d’être confondus avec les lefebvristes, qui représentent tout ce qu’ils abhorrent : le conservatisme théologique (refus de Vatican II, messe en latin…) ; le libéralisme économique (que les « cathos de droite » assimilent, j’ignore pourquoi, au lefebvrisme, et que, naturellement, ils pensent être contraire à la doctrine sociale de l’Église) et bien sûr, le soutien au Front national (car c’est bien connu, pour les « cathos de droite », assister à une messe en latin fait de vous un dangereux militant d’extrême-droite). Pour vous aider à identifier ces « cathos de droite qui conchient les tradis », il vous suffit de leur demander leur avis sur le mariage homosexuel. En principe, ils sont contre ; mais ils en viennent à soutenir les revendications du lobby LGBT au motif que « certains catholiques tradis ont participé à la Manif pour tous, et ont en profité pour tenir des propos homophobes. » De fait, il leur faut soutenir ce qu’ils désapprouvent, afin de prouver « que tous les catholiques ne sont pas à jeter dans le même sac » et que « tous n’approuvent pas le comportement des extrémistes, qui donnent une mauvaise image de la religion. » Ces catholiques appartiennent donc bien à la « droite molle », qui participe de la déliquescence de notre pauvre pays.

[3] Cette tendance est plus rare, mais elle existe, voir p. ex. Charles Gave, Un libéral nommé Jésus, Paris, Bourin, 2005, pour qui le capitalisme serait tiré des Évangiles.

[4] Le Syllabus est un document annexé à l’encyclique Quanta Cura du 8 décembre 1864. Réaffirmation, par la Papauté, de la condamnation des principales erreurs en cours au XIXe siècle, le Syllabus a été rarement compris de ceux qui ignorent tout des subtilités de la théologie, et se méprennent sur le sens réel de ce document.

Ainsi qu’il est observé dans le texte, si le libéralisme théologique est bel et bien condamné (voyez aussi les articles relatifs à l’indifférentisme, au relativisme…) le Syllabus ne traite pas du libéralisme politique. Ou plutôt : au sujet du libéralisme politique, on ne trouve qu’une seule et unique proposition qui y a trait, à savoir, les articles LXXVII et LXXVIII (qui forment un tout) en vertu desquels est condamnée la proposition : « À notre époque, il n’est plus utile que la religion catholique soit considérée comme l’unique religion de l’État, à l’exclusion de tous les autres cultes. Aussi c’est avec raison que, dans quelques pays catholiques, la loi a pourvu à ce que les étrangers qui s’y rendent y jouissent de l’exercice public de leurs cultes particuliers. »

Est-il besoin de rappeler, non seulement, que l’Église catholique est revenue sur cette condamnation, mais que cette seule formule (la seule, donc, que le Syllabus condamne dans toute la théorie libérale) n’a absolument rien à voir avec l’existence d’une démocratie parlementaire, ou d’une économie de marché, au cœur du projet libéral ?

Ce que je dis là, tous les catholiques antilibéraux qui ont fait l’éloge du Syllabus ont été contraints de le reconnaître (Louis Veuillot, L’illusion libérale, Paris, Palmé, 1866 ; Félix Sardá y Salvany, El liberalismo es pecado, Barcelone, Libreria Catholica, 1884 ; Abbé Ange Roussel, Libéralisme et catholicisme. Rapports présentés à la « Semaine Catholique », Paris, Ligue apostolique pour le retour des nations à l’ordre social chrétien, 1926).

Maintenant, certains estiment que, même s’il ne condamne pas expressément le libéralisme, le Syllabus récuse l’esprit qui l’anime. Sans doute, la philosophie libérale paraît-elle condamnée, en principe, puisque l’Église semble adopter une posture intolérante, revenant sur la liberté de conscience ; mais, « au point de vue de l’absolu, caractère en quelque sorte organique de toute religion, il n’est rien à objecter aux affirmations du Syllabus. Une religion ne peut admettre qu’il existe en dehors d’elle une vérité (…). Si elle était tolérante, elle ne serait pas croyante. L’intolérance dogmatique est une vertu des religions, le témoignage qu’elles croient à elles-mêmes. Mais quelque convaincues qu’elles soient de leur supériorité, les religions mêmes sont contraintes de tenir compte des circonstances et des milieux et de s’y adapter dans une certaine mesure (…). La Papauté, qui a l’instinct politique non moins que le souci dogmatique, l’a compris (…). Il y a là une inconséquence apparente dont l’explication échappe à ceux qui ne sont pas familiers avec (…) la distinction de la thèse et de l’hypothèse (…). La thèse, c’est l’idéal dogmatique en vue d’une société professant tout entière la même foi. L’hypothèse, c’est la transaction avec une société qui a brisé l’unité de la foi (…). Il n’y a donc aucune contradiction entre les paroles absolues des papes et leurs actes conciliants. Quand le Pape enseigne, il s’en tient à la rigueur inflexible des principes ; quand il agit, il s’adapte aux circonstances. Son enseignement indique le bien ; sa pratique se résigne au moindre mal. La conduite des catholiques doit se modeler sur celle de leur pasteur suprême : ils peuvent et doivent s’adapter aux institutions de leur pays, les respecter, les servir, même quand elles s’éloignent de l’idéal chrétien, mais d’un cœur contrit, sans oublier dans l’exil les lueurs célestes de Sion, et en faisant un effort constant par leur conduite, par leurs paroles, pour ramener les sociétés aux règles tutélaires dont elles se sont affranchies » (Émile Ollivier, L’Empire libéral. Études, récits, souvenirs, Paris, Garnier Frères, 1903, vol. 7, pp. 204-5). On peut donc dire, avec Anatole Leroy-Beaulieu, que « la distinction, quelque peu scolastique, de la thèse et de l’hypothèse est venue donner aux catholiques amis des libertés publiques le moyen de mettre d’accord leurs convictions libérales et leur foi religieuse. » Il souligne également le rôle de l’Encyclique Immortale Dei, qui a donné à ce compromis la sanction pontificale (La Papauté, le socialisme et la démocratie, Calmann Lévy, 1892, pp. 78-79).

Voir aussi, sur toutes ces questions, l’étude publiée sous les auspices du Comité catholique pour la défense du droit (Paul Viollet, L’Infaillibilité du Pape et le Syllabus, une étude historique et théologique, Paris, Lethielleux, 1904).

[5] Mgr Jude Chauveau de Kernaëret, « Le libéralisme », Revue catholique des institutions et du droit, 1874, vol. 3, pp. 197-207 (ici, pp. 197-8).

[6] Gaudium et Spes, 7 décembre 1965.

[7] La liberté politique, Paris, Hachette, 1881, p. 143.

Je précise ici au lecteur, familier de la littérature catholique, que le jusnaturalisme est souvent critiqué par certains catholiques comme étant une pensée respectable, mais superficielle. Tel est le cas, p. ex., de Charles Périn (Les lois de la société chrétienne, Paris, Guillaumin, 1875, 2 vol.) pour qui la philosophie jusnaturaliste « se paie de mots et de sentiments », usant de « détours » et de « subterfuges » pour se dissocier du matérialisme dont elle serait, selon lui, issue. (J’évite volontairement les références récentes, pour ne pas entrer dans de nouvelles discussions relatives à la pensée de tel ou tel auteur vivant). Toujours est-il qu’il n’y a rien à répondre à un tel procès d’intention, identique à celui qui reviendrait à accuser les catholiques d’être des athées dissimulant leur athéisme derrière une posture faussement religieuse, bref, des tartuffes sans foi ni loi…

[8] Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, 26 août 1789, art. 4.

[9] Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, 24 juin 1793, art. 6.

[10] Wilhelm Röpke, Civitas Humana, Paris, Librairie de Médicis, 1946, p. 12. Sur cette question, voir aussi et surtout Gilbert Cesbron, Ce que je crois, Paris, Grasset, 1971.

[11] Certains soutiennent que l’Église, si elle admet le libéralisme politique, condamne en revanche sans réserves le libéralisme économique, en particulier dans son encyclique Rerum Novarum sur la condition des ouvriers du 15 mai 1891. Cette interprétation, bien que répandue, manque de nuance. En effet, cette encyclique assoit solidement la propriété privée, et donc l’organisation économique qui en découle, comme étant une institution de droit naturel (c. 1452). Et si elle s’étend longuement sur les maux engendrés par la révolution industrielle, elle ne préconise pas, comme certains le prétendent, d’abandonner l’économie de marché pour une économie planifiée, mais seulement, que l’État adopte des lois, pour améliorer les conditions de travail des ouvriers – lois qui existaient déjà, ou qui étaient en train d’être mises en place par les gouvernements libéraux de l’époque.

Il est vrai qu’on pourrait objecter « la doctrine sociale de l’Église » ; mais si celle-ci est effectivement opposée à la thèse du marché autorégulateur, elle ne remet pas en cause le principe même de l’économie de marché, qu’elle se propose seulement d’améliorer, par l’existence de mesures sociales. Bref, la doctrine sociale de l’Église n’a rien à voir avec l’État-providence socialiste, cet État planificateur des activités et redistributeur des richesses, mais un État subsidiaire, intervenant en cas de défaillance du marché – marché dont les vertus sont expressément reconnues. « Il semble que, à l’intérieur de chaque pays comme dans les rapports internationaux, le marché libre soit l’instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre efficacement aux besoins », disait Sa Sainteté Jean-Paul II (Centesimus Annus, XXIV).

Cette approche n’a pas été remise en cause par l’actuel pape François. Si ce dernier est, de toute évidence, à gauche de l’échiquier politique, il n’a jamais combattu l’économie de marché, en tant que telle. Il a seulement invité les États à « éliminer les causes structurelles des dysfonctionnements de l’économie », en particulier, en adoptant des lois protectrices de l’environnement (Laudato Si, 24 mai 2015).

Voir aussi, sur cette question, l’importante étude du père jésuite Oswald von Nell-Breuning demandant si le libéralisme et la doctrine sociale de l’Église peuvent se concilier (« Können Neoliberalismus und Katholische Soziallehre sich verständigen? », in Heinz Sauermann & Ernst-Joachim Mestmäcker (dir.), Wirtschaftsordnung und Staatsverfassung. Festschrift für Franz Böhm zum 80. Geburtstag, Tübingen, Mohr Siebeck, 1975, pp. 459-470).

Je précise, pour ceux qui auraient le courage de me lire jusqu’ici, que l’éminent théologien utilise le terme de « néolibéralisme » en lieu et place de libéralisme, uniquement pour reprendre les concepts dégagés par le juriste Franz Böhm, à qui l’article est dédié. Or le « néolibéralisme » de Franz Böhm, identique au libéralisme classique défendu par Wilhelm Röpke, n’a rien à voir avec le « néolibéralisme » actuel. C’est d’ailleurs la source de toutes ces difficultés, que ces appellations disparates…

[12] Je n’évoque, ici, que la question du catholicisme ; je n’oublie pas que, pour être complet, il faudrait aborder aussi la question du protestantisme. Je ne sais pas si j’écrirai là-dessus, pour une raison simple. Il semble évident que les protestants (c’est-à-dire les réformés et les évangéliques, autrement dit les calvinistes et les luthériens) se méfient, eux aussi, et avec raison, du « libéralisme » théologique, qui a profondément dévoyé aujourd’hui le message de la Réforme. Ce point-là est acquis, et ne pose, en soi, guère de difficultés. Le problème est que certains pasteurs et théologiens soutiennent (contre l’évidence) qu’il n’y a pas de tradition jusnaturaliste dans le protestantisme. Ayant commis une étude sur le concept de loi naturelle chez Calvin et les monarchomaques, je m’insurge contre une telle thèse ; mais mon argumentaire me paraît trop « technique » pour être reproduit ici. J’y reviendrai peut-être un jour…

 

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